Créateurs de contenus ivoiriens : la monétisation sur les plateformes de Meta se précise
Au terme d'une réunion entre plusieurs ministères et Meta, le gouvernement affirme que les essais réalisés en Côte d'Ivoire ont donné de bons résultats. L'ouverture de la rémunération aux créateurs n'est toutefois pas encore officielle.

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Les créateurs de contenus ivoiriens pourraient bientôt toucher de l'argent grâce à leurs publications sur Facebook, Instagram et les autres services de Meta. C'est ce qui ressort d'une rencontre de travail organisée le jeudi 1er octobre 2026 à Abidjan entre des membres du gouvernement et des représentants du groupe américain : les essais menés localement depuis plusieurs mois seraient, selon les autorités, concluants.

La réunion s'est tenue dans les locaux du ministère du Commerce, de l'Industrie et de l'Artisanat, dirigé par Kalil Ibrahim Konaté. Quatre départements ministériels étaient associés à la démarche : la Communication, le Commerce, l'Industrie et l'Artisanat, la Transition numérique et l'Innovation technologique, ainsi que la Culture et la Francophonie. Côté Meta, la direction des relations publiques était représentée, comme l'indique le chevalet posé sur la table de séance.

Ces tests avaient été lancés à la demande de l'État ivoirien. Pendant ce temps, beaucoup de vidéastes, d'animateurs de pages et d'autres producteurs de contenus patientaient : malgré une audience déjà considérable en ligne, ils n'avaient pas encore accès aux outils de paiement proposés dans d'autres pays par les plateformes du groupe. Le feu vert des essais est donc perçu comme un premier signal encourageant.
Il faut cependant garder la mesure. À ce jour, aucune date n'a été communiquée pour un déploiement à l'ensemble des créateurs du pays. Le gouvernement et Meta doivent encore s'accorder sur les conditions précises de cette ouverture, et c'est seulement après cela qu'une annonce officielle sera faite. Le ministère de la Culture, lui, se veut rassurant : « Les nouvelles sont bonnes », assure-t-il, tout en précisant que les discussions se poursuivent.
Derrière ce dossier, l'exécutif voit surtout un enjeu économique. Permettre aux créateurs de vivre de leur travail revient, pour les pouvoirs publics, à soutenir l'emploi et à donner plus de poids à l'économie du numérique. Le ministère rattache d'ailleurs cette perspective au Plan national de développement 2026-2030, plus précisément à son troisième pilier, centré sur la transformation de l'économie et la création d'emplois, et résume son ambition par une idée simple : que ceux qui créent puissent mieux vivre de leur talent.
Le secteur concerné est large. Il réunit des vidéastes, des influenceurs, des journalistes, des artistes et des producteurs de tous horizons, dont l'activité demeure souvent informelle. Une rémunération régulière par les plateformes pourrait les aider à se professionnaliser et à investir davantage dans la qualité de ce qu'ils publient.
Ce rendez-vous s'inscrit dans un contexte porteur pour le numérique ivoirien. Début septembre, une étude réalisée par Meta avec le cabinet Public First a estimé que l'économie numérique du pays pourrait presque doubler d'ici 2035, en passant d'environ 3,4 à 6,4 milliards de dollars.
Les autorités ont enfin salué le climat de travail avec Meta et remercié les membres du gouvernement impliqués, la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA) et les équipes techniques des ministères, regroupées au sein d'une cellule dédiée à ce chantier. Les échanges doivent reprendre dans les prochaines semaines. Pour les créateurs, la vraie question sera de savoir à quelles conditions — audience minimale, type de contenus, mode de paiement — ils pourront rejoindre le dispositif, une fois celui-ci officiellement lancé.
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